Affichage des articles dont le libellé est Poésie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Poésie. Afficher tous les articles

dimanche 28 avril 2024

Palindrome et sa traduction

J’avait l’occasion d’échanger hâtivement quelques idées avec une écrivaine, qui écrit ses livres uniquement en dialecte local de sa région natale, Laitila, en Finlande occidentale. Elle, Heli Laaksonen, a utilisé même un peu de la forme de palindrome dans ses livres. Je lui racontais sur mes propres activités et on était d’accord qu’il nous faudrait échanger quelques documents. 


Tout de suite, après la réunion, étant retourné à la maison je construisait un petit poème en forme palindrome en finnois et le lui envoyait. Le voici:


Sinuako, kaunis

 

No nii.

Naava ota.

Katsos kaalilehteä.

Näet Heli Laaksosta katoavaa.

Niin on.

 

Olavi Kivalo 24.4.24

 

Aujourd’hui je faisait la traduction en français mais elle n’est pas palindrome. La voici:

Touche la mousse.

Regarde la feuille.

Comme Heli belle

            Disparessantes sont tous.

jeudi 31 janvier 2019

Nanna

Ma technique de composition musicale se base entièrement sur texte. Le rôle du texte est très profond. La structure de la musique est dictée par la façon dont le texte se compose de touts ses éléments structurels: les phrases, les mots, les syllabes et même les lettres. Le texte porte toujours aussi le sens, un message, mais dans cette technique le texte n’est pas nécessairement au rôle de libretto. En effet la composition musicale peut être crée en utilisant l’information structurelle du texte et laissant le message en dehors du produit final.

Le processus de composition musicale par cette technique ne démarre pas avant que le texte soit disponible. En principe le texte de n’importe quel type est convenable. Pourtant le choix du texte qui est déjà rythmé par des contraints structurels spécifiques, plutôt que du prose, donne au compositeur des idées rythmiques. J’ai choisi textes palindromes. Palindrome est le contraint le plus sévère en comparaison avec les règles en poèsie qui exigent la rime ou fixent les nombres de parts variées comme est le cas avec haiku, tanka, limerick et plusieurs d’autres. Ce choix se base sur quelques faits comme l’aptitude particulier de la langue finnoise aux palindromes verbaux, ma passion de palindromes qui remonte à un demi siècle ou plus, et l’inexistence antérieure de la musique rigoureusement palindrome autre que le "Canon cancrizans" de J.S.Bach.

Ma récente composition "Nanna (Tribut à Thoinot Arbeau)" dans l’album ”Études palindromes” est rigoureusement basé sur un texte palindrome. Alors, au début il m’a fallu, comme toujours, produire le texte palindrome sur le sujet de mon choix. Ce projet-ci démarrait, comme normalement, à partir d’une idée faible sur le message verbal que je possiblement voudrais transmettre. Presque toujours le travail technique, c’est à dire la composition du texte palindrome, démarre à partir d’un seul mot. Ici le mot initial était Nanna, le prénom d'une amie de la famille. C’est un mot simple et manifestement facile à inverser. En ce qui concerne le message, je le laissais très ouvert: ”on verra ce qu’il se produit”. Construire des textes palindromes est un processus où le produit final ne peut pas être prédit en détail à cause de la sévérité du contraint. Je le caractérise de processus où le balai est celui qui balaie et non le balayeur.

Le texte qui résultait est une petite histoire assez humoristique sur des difficultés et d'encouragements de l’apprentissage du français. C’est en finnois mais comprends aussi un fragment en français. En soi il est de quelque intérêt, mais finalement ma décision était que cette musique sera instrumentale et ainsi le message du texte n’était pas vocalisé. Au même temps, toutes les phrases, leurs mots, leurs syllabes et leur lettres étaient convertis en rythme, durée et hauteur des notes musicaux. La composition peut être écouté en musique absolue, si on n’est pas conscient de l’origine de l’harmonie, le composant qui ne vient pas depuis le palindrome verbal. Je l’ai emprunté à la morceau de Thoinot Arbeau ”Belle qui tiens ma vie” composé au 16ème siècle. C’est le chant pour 4 voix.

La notation de "Nanna (Tribut à Thoinot Arbeau)" est pour piano et 4 basses synthétiques. Toutes les parts sont palindromes. Il est audible à l’adresse:

https://youtu.be/cbGJFLJplAA


samedi 1 avril 2017

Zacharie rencontre J.S.Bach

J’ai écrit les paroles pour une composition musicale bien connue de J.S.Bach. Cette pièce de musique mignonne est une sorte d’invention à deux voix mais elle est mieux connu par le nom canon cancrizans (crab canon). La pièce se compose de 18 mesures. Elle a la forme de palindrome telle que la progression de notes des neuf premières mesures est symétrique à celle des neuf dernières mesures. Quoiqu’une moitié des thèmes des deux voix se produit de l’autre moitié, elle est plus d’une répétition rétrograde. Les deux moitiés ont leurs propres caractères. Il est possible de jouir de la pièce, même sans étant conscient de cette technique curieuse avec quelle Bach a voulu jouer en la composant. 

Les thèmes musicaux des deux voix sont différents. La première voix est plus haute et vite tandis que la seconde est lente. Pour chanter, les voix ont besoin des paroles appropriées. J’ai écrit deux petits poèmes. Ils sont du thème commun: Zacharie amoureux. Le poème pour la première voix exprime l'état des choses de Zacharie franchement, cet autre accompagne du’n ton romanesque. Seulement les poèmes en langue d’origine, finnois, sont palindromes. 

Rakastunut Sakarias Zacharie amoureux

Oo…, sai rakastunut Sakarias sinua Oh, c’est toi avec qui
kas sinua unissa, kaunis dans ses rêves Zacharie
Sinua, kas sinua unissa, kaunis amoureux, belle et bien,  
 Sinua, kas sinua unissa, kaunis a couché. Mieux que rien.
sai rakastunut Sakarias, oo… Oui c’est toi, belle de loin.
Sinuako tuo utuisuus? C’est toi?
Uusi utu outo, kaunis. Ce brouillard-là.
Sinuako? Cette brume nouvelle,
Tuo utuisuus uusi…! étrange, belle.
Utu outo, kaunis

Voici que nous avons une composition dont aussi bien la musique que les paroles sont palindromes.


mardi 2 juillet 2013

La fille de la ville d’Angoulême


L’autre jour on avait discuté des pseudo-limericks. Ce sont des limericks qui ne respectent pas trop strictement les contraintes pour la teneur ou pour la structure de limerick. Les contraintes quelques fois donnés pour la structure en termes de mètre quantitatif sont assez simples: Il y a cinq vers, dont 1,2 et 5 sont chaqun composées de trois anapestes: ” ta ta TAA ta ta TAA ta ta TAA”, et 3 et 4 de deux: ”ta ta TAA ta ta TAA”, tant que les vers 1,2 et 5 ont la même rime, et les vers 3 et 4 la même rime mais differente de l’autre rime.

Je me suis demandé: y a-t-il des limericks français et quel serait le rapport d’un limerick français à la chanson. Après une recherche superficielle il semble que les Français trouvent limerick un phénomène trop irlandais pour être adopté dans la poésie française. ”Il n’a pas son pendant en français et comme il est court, il est vain de tenter de le traduire en espérant lui conserver son sens.” Techniquement, pourtant, il n’y aura pas d’obstacles. Ainsi, il y a certainement des poèmes français dont la structure est celle de limerick (ou de pseudo-limerick) mais sont, à sa part, trop français pour être appelés ça. (Franchement, je ne sait pas que signifient les expressions ”trop francais” et ”trop irlandais”.)

Le limerick récité doit être distingué du limerick chanté. Le mètre de poème n’a pas la même fonction que la mesure de musique. Le mètre anapestique spécifie que ”ta” signifie un syllabe légère ou brève et ”TAA” un syllabe lourde ou longue. Les mesures de musique correspondant aux vers 1,2 et 5 seraient alors à 2/4, composées chacune de TAA à 1/4 suivi par deux ta’s à 1/8 (d’une noir suivi par deux croches). Les deux premiers vers semblerait comme suit: /*-ta-ta/TAA ta-ta/TAA ta-ta/TAA */*-ta-ta/TAA ta-ta/TAA ta-ta/TAA */... 
où * signifie le quart de soupir.

Mais les limericks irlandais chantés ont souvent la mesure de 3/4 ou 6/8. Ça peut s’expliquer tant que le mètre ne soit pas interprété en anapeste mais en mètre syllabique ou bien en mètre accentuel. À partir de ces mètres-ci on n’est plus très loin de la chanson.

L’autre matin, au petit déjeuner, j’ai écrit un limerick en français pour me démontrer qu’au moins techniquement ça doit être facile. Le voici en mesure de 3/4:

Elle venait de la ville d’Angoulême
étant chanteuse de chanson quand même.
Un peu grosse, presque laide,
mais sa voix est ce qui aide.
En l’entendant je crierai: Je t’aime!

Comparons-ça avec une chanson merveilleuse de Florent Pagny de mesure à 3/4, loin d'être paillarde: 

Je laisse le temps faire, défaire, refaire
Il n´ira jamais en arrière non ...
Caché l´amour qu´on a vécu
Comme si ne rien n´était plus
Je laisse le temps faire, défaire, refaire

La ”Fille d’Angoulême” peut être chantée avec la mélodie de celle-ci.

Je ne suis pas sûr s’il soit justifié de conclure que l’atmosphère du pub irlandais peut être fait évaporer complètement en jouant ou chantant le limerick français à 3/4 et en prononçant les e muets à la fin des vers. D’autre part la mesure à 6/8 semble conserver quelque vulgarité, le fait aussi manifesté dans le fragment ”Fartissimo” du film Copying Beethoven.

jeudi 20 juin 2013

De la quasi-poésie


Voici une définition de l’oeuvre d’art. Une oeuvre est une oeuvre d’art s’il est le membre d’un ensemble flou des objects qui peuvent donner une impression artistique, ou des artefactes que définient telle leur créateurs mêmes.

La couche du soleil est un object naturel qui peut donner une impression artistique. La personne qui écrit des poèmes et en publie en tant que poète définit ainsi ses poèmes des oeuvres d’art. Ces poèmes peuvent, ou non, donner une impression artistique. C’est la personne eprouvant l’effet qui spécifie subjectivement le degré d’appartenance d’une oeuvre dans cet ensemble flou.

Par cette définition il est bien possible, qu’un poème ne soit pas reconnu comme pièce d’art. Également un poème qui n’est que de la foutaise, jamais défini par son créateur une piece d’art, peut sembler telle dans l’esprit de quelques lecteurs.

Je me suis amusé, il y a plus de dix ans, écrivant des quasi-poèmes publiés sur le tableau d’affichage de la cafétéria de notre laboratoire. Ma technique était de choisir des fragments de texte d’un article de Hesari et en coller un ensemble qui ressemblerait un poème autant que possible. Parfois j’ai réussi de créer quelque chose dont on ne voyait pas la différence. Une fois j’ai montré une telle ”chef-d’oeuvre” à un amateur de poèsie et elle l’a bien apprécié sans savoir mon tromperie. Mon sentiment était, et est toujours, un mélange de satisfaction et honte.

J’ai aussi essayé d’imiter le style de quelques poètes célèbres francais. Voici quelques créations de l’année 2009. Le premier est inspirée par ”Chanson d’automne” de Stéphane Mallarmé:

Ramasseurs de chanterelles         Chanson d’automne
Ils les adorent, Les sanglots longs
Des trompettes d’or Des violons
De la mousse, De l’automne
En emmènent                               Blessent mon coeur
Tout en veine D’une longeur
D’idées douces. Monotone.

Les traductions en finnois:

Kantarellin kerääjä Syyslaulu (Yrjö Kaijärvi)
Kulkijan korven Niin nyyhkien
ja kultaisen torven syysviulujen
sammaleen soi ääni,
ystävyys                                     se haavoittaa,
kystä. Syys vain pitkittää
sydämeen. ikävääni.

Les calligrammes ont dû être une sorte de miracle à l’époque de Guillaume Apollinaire. Aujourd’hui les lignes de l’écriture peuvent se tordre facilement à l’aide de traitement de texte électronique. Le pseudo-poème suivant imite son style:

                                          Pauvre Guillaume